Loi climat : je voterai définitivement contre !

Comment peut-on se satisfaire d’une loi climat déjà obsolète avant même d’être adoptée, puisqu’elle maintient la France en deçà de l’objectif de réduction de 40 % de nos émissions d’ici 2030, alors que l’Union européenne vise -55% ? Cette loi ne permettra une réduction que d’une dizaine de millions de tonnes de CO2, là où il faudrait faire jusqu’à 10 fois plus ! En plus des alertes continues des scientifiques et de la colère légitime de la jeunesse, le gouvernement ignore aussi l’ultimatum posé par le Conseil d’Etat de prendre avant mars 2022 des mesures concrètes supplémentaires permettant de respecter l’objectif de réduction des émissions.

 

Comment peut-on se satisfaire d’une loi climat qui ne traite quasiment pas le sujet de l’adaptation, alors que près de 200 victimes d’inondations sont à déplorer en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas durant ce mois de juillet ? Un terrible bilan qui fait écho à cette alerte du Haut Conseil pour le Climat dans son dernier rapport annuel : « Il n’est pas possible de continuer à émettre des GES aux mêmes niveaux, en pensant qu’il sera possible de s’adapter à n’importe quel niveau de changement climatique ».

 

Cette loi n’amorce aucune véritable accélération. Les quelques avancées en commission mixte paritaire, que je salue, n’activent pas les leviers structurels nécessaires d’atténuation ET d’adaptation. Rien dans cette loi ne permet de massifier la rénovation des logements avec une obligation conditionnelle protégeant les plus précaires d’entre nous. Pas non plus de dotations suffisantes aux collectivités comme proposé au Sénat, pas d’interdiction franche de la publicité pour les produits polluants, pas d’anticipation de la reconversion des entreprises ou de demande de responsabilité climatique des plus grandes d’entre elles, notamment via le devoir de vigilance.

 

En cohérence, et comme je l’avais fait en première lecture, je voterai CONTRE la loi climat ce mardi en lecture définitive. Deux semaines après l’abandon de la révision constitutionnelle climat, ce gouvernement évitera donc jusqu’au bout toute prise de responsabilité à la hauteur de l’urgence climatique.