Je voterai CONTRE cette loi climat qui a 15 ans de retard

La loi climat que les députés s’apprêtent à voter ne répond pas à l’urgence climatique : l’écart avec ce qu’il faudrait faire pour être à la hauteur est immense.

Mais il y a pire : elle prétend y répondre. C’est un mirage. Alors que la loi change peu voire pas la donne, le Gouvernement et la majorité parlementaire la présentent comme un texte historique qui permettrait de “faire entrer l’écologie dans nos vies”. Le texte permet bien sûr quelques avancées que je salue, mais il est difficile de s’en réjouir tant elles pèsent peu face à tous les manques de cette loi. Au début des années 2000, j’aurais peut-être voté cette loi. Mais en 2021, elle a au moins 15 ans de retard !

Rien sur la responsabilité climatique des grandes entreprises ou sur le ferroviaire; des mesures extrêmement faibles sur la publicité, sur les déplacements en avion ou la transition vers des voitures moins polluantes; un recul sur la rénovation thermique des bâtiments; l’absence de la généralisation du forfait mobilité durable; etc. Les plus de 200 articles du projet de loi n’entraînent qu’une réduction des émissions de l’ordre d’une dizaine de millions de tonnes de CO2, très loin de nos objectifs, et alors que les scientifiques, la jeunesse, les experts, les ONG sont unanimes pour demander que la France fasse bien plus. Notre pays s’enorgueillit de nouveaux objectifs européens plus ambitieux que ceux qu’elle ne se donne même pas les moyens d’espérer atteindre. Plus grave encore, nous passons à côté de gisements d’emplois, de pouvoir de vivre, de réduction des inégalités sociales et territoriales…

Faire croire que l’on agit est pire que de ne pas agir. Je voterai donc contre ce texte.

La Cour constitutionnelle allemande vient de sanctionner la loi climat allemande en pointant son incapacité à garantir une réduction suffisante des émissions. Notre loi climat connaîtra sans nul doute le même sort, tant elle est faible au regard de l’exigence constitutionnelle de protection de l’environnement et des engagements internationaux de la France pour le climat.

Matthieu Orphelin,
député écologiste de Maine-et-Loire