Hausse du barème kilométrique : une mesurette aux effets pervers !

Alors que le prix des carburants n’a jamais été aussi haut, le gouvernement n’agit pas à la hauteur de l’urgence en annonçant aujourd’hui une nouvelle mesurette aux effets pervers. Réhausser de 10% le barème kilométrique ne va rien résoudre et bénéficiera principalement aux ménages aisés et aux grosse voitures. Le gouvernement ne peut pas en rester là !

Le barème kilométrique favorise les véhicules puissants, ne se destine qu’aux actifs payant l’impôt sur le revenu, et ne cible qu’une faible partie de la population : seulement 2,5 millions de Français payant l’impôt déclarent des frais réels ! Relever le barème des frais kilométriques est donc une fausse bonne idée anti-redistributive qui n’améliorera pas la situation des travailleurs pauvres mais plutôt celle des ménages aisés.

Pourtant des solutions simples et efficaces existent. Agir à la hauteur de l’urgence, c’est aider en priorité les ménages modestes et classes moyennes en leur redonnant du pouvoir de vivre. Je dépose ce jour une proposition de loi et j’invite le gouvernement à s’en saisir, afin de mettre en place immédiatement les 4 mesures suivantes :

Un “chèque carburant crise” pour ⅔ des foyers, en élargissant, les années de crise énergétique, le chèque énergie à l’ensemble des classes moyennes, avec une bonification pour les ménages habitants en zone rurale.

Un prêt à taux zéro garanti par l’Etat pour l’acquisition d’un véhicule propre : seules 10% des voitures vendues en 2021 sont électriques, alors que 100 kilomètres en voiture électrique coûtent en énergie à peu près 2€, contre 12€ en voiture thermique. Aujourd’hui, quasiment seuls les ménages aisés s’équipent en électrique. Cela doit
changer.

Une contribution de 75% sur les bénéfices exceptionnels des pétroliers et gaziers qui profitent des prix élevés des énergies au détriment de la population, comme TotalEnergies dont les bénéfices devraient dépasser les 15 milliards $ sur l’année 2021.

Le chèque “bien manger” promis par le gouvernement depuis un an et demi, alors que 8 millions de Français ont besoin de l’aide alimentaire pour vivre.

Au gouvernement de prendre ses responsabilités et d’agir pour l’ensemble des Françaises et Français, en aidant prioritairement les plus précaires.

Matthieu Orphelin,
député écologiste de Maine-et-Loire