Date des élections : À quoi joue le gouvernement ?

A 2 mois du premier tour des départementales et régionales, la priorité du gouvernement devrait être d’apporter un soutien opérationnel aux maires pour la bonne tenue des élections.

Mais non. L’exécutif semble tenter un dernier jeu de bonneteau pour justifier un report. Pseudo-consultation des maires sur un week-end, courrier de l’influent Richard Ferrand préférant un scrutin à l’automne… Tout cela à 48h du débat et vote que nous aurons sur le sujet ce mardi à l’Assemblée. Au mieux, c’est de l’amateurisme; au pire, une manœuvre politique.

Le gouvernement serait mieux inspiré de travailler enfin à la mise en œuvre des recommandations du Conseil scientifique, qui a montré comment les risques pouvaient être maîtrisés voire annulés : consignes claires pour les candidats et les équipes de campagne, vaccination des assesseurs, gestes barrières et protocoles renforcés, vote par anticipation (que j ‘ai proposé par amendement il y a quelques semaines), créneaux réservés, bureaux de vote en plein air si le temps le permet etc…

L’exécutif veut rouvrir les écoles fin avril, les terrasses des restaurants et cafés à la mi-mai, vise 30 millions de vaccinés mi-juin… et on ne pourrait pas voter les 13 et 20 juin ? Cela ne tient pas.

N’ajoutons pas aux crises économique, sociale, écologique et sanitaire, une crise politique. En commission des lois à l’Assemblée, nous avons déjà étudié le sujet : pour de nombreuses raisons, juin est la seule date possible pour ces élections. Au gouvernement de se mettre au service des maires pour que cela se concrétise dans les meilleures conditions, et que le flou s’arrête.

Matthieu Orphelin,
député écologiste de Maine-et-Loire