COP26 : après un texte final vraiment a minima, il reste tant à faire…

Le texte final de la COP26 adopté ce soir comporte quelques avancées bienvenues mais n’est clairement pas à la hauteur de l’urgence climatique. Le décalage reste immense entre les compromis de langage finalement actés dans le texte adopté et les attentes de financement des pays en développement et la frilosité des pays riches, les alertes des scientifiques, les demandes d’actions concrètes de la société civile et de la jeunesse et la nécessité de sortir des énergies fossiles et du charbon en priorité. Les changements de dernière minute imposés par l’Inde, la Chine et d’autres sur une “réduction du charbon” au lieu d’une “sortie du charbon” sont déplorables.

Alors que nous sommes encore loin de respecter l’Accord de Paris malgré les engagements long terme net-zero de plus en plus nombreux, la révision des objectifs 2030 d’ici la fin de l’année 2022 est un bon point, crucial pour accorder les paroles aux actes et pour maintenir la pression sur les pays retardataires ou réticents à agir.

Sur le financement climat, nous ignorons encore si les 100 milliards de dollars annuels promis à partir de 2020 seront atteints avant 2025. Quel manque de responsabilité des pays développés qui n’ont pas osé s’engager plus malgré les fortes demandes des pays les plus impactés par les premiers effets du réchauffement climatique. Les efforts sur ce sujet sont très décevants. Je regrette qu’il n’y ait toujours pas de fonds spécial prévu pour les aider à se reconstruire après les catastrophes subies et causées par les cent dernières années d’émissions de gaz à effet de serre des pays riches (pertes et dommages).

Sur les marchés carbone et l’article 6, la fin du double-comptage des émissions des Etats est actée. Cela ne gommera pas toutes les imperfections du mécanisme, notamment les crédits restants du protocole de Kyoto (4 GtCO2).

6 ans après l’Accord de Paris, la France d’Emmanuel Macron n’est plus sur le devant de la scène internationale climatique. Comme l’Union Européenne, elle n’a pas été assez volontariste et a manqué l’occasion de se hisser à la hauteur des enjeux lors de cette COP. Les regrets exprimés par l’Union Européenne dans cette dernière session ne sont pas suffisants, il aurait fallu agir.

 

Matthieu Orphelin

député écologiste de Maine-et-Loire