Réussissons le pari de la Convention citoyenne pour le climat !

La lutte contre le réchauffement climatique et la disparition du vivant est un enjeu inédit, si ce n’est le défi du siècle. Il exige un renforcement significatif de l’action et une transformation rapide et profonde de notre société, y compris sur le plan démocratique.

Nous ne pourrons prétendre réussir la transition écologique par une politique publique verticale simplement orchestrée par des sachants pariant sur la modification à la marge du système et sur l’assentiment docile de citoyens contraints, en particulier dans un climat de défiance réciproque entre citoyens et élus, où s’érode la légitimité des organes de notre démocratie représentative. Il faut changer de méthode pour décider ensemble. C’est le pari de cette convention citoyenne pour le climat, que j’avais, avec d’autres, appelé de mes voeux dès fin novembre 2018, et dont j’espère le plein succès.

La transition écologique ne sera non-seulement possible qu’avec l’acceptation des citoyens, mais aussi grâce à leur contribution dans le dessin des solutions. Alors que les mesures seront discutées et commenceront à être hiérarchisées lors de cette quatrième session, une ambition forte se dessine déjà dans leurs premières propositions : lutte contre l’artificialisation des sols, renforcement de la régulation de la publicité pour une consommation plus responsable, nouvelles règles de commerce, modification de la constitution par une prise en compte des limites planétaires, renforcement de la rénovation énergétique… Les citoyens l’ont mieux compris que bien des politiques : il faut faire beaucoup plus !

Construite autour de 150 sensibilités particulières éclairées par diverses expertises, la Convention citoyenne pour le climat donnera aux parlementaires, au gouvernement et à l’administration, les ingrédients manquant au succès de certaines mesures écologiques jusqu’ici victimes du manque d’ambition récurrent, des traditionnels clivages politiques ou inadaptées au quotidien des citoyens. Les 150 citoyens font leur part du travail ; aux politiques ensuite de faire la leur ! L’engagement du Président de la République de transcrire les proposition “sans filtre” devra être respecté par le gouvernement, que ce soit par la voie référendaire, parlementaire (oui à une grande loi de transition écologique et solidaire avant l’été 2020) ou réglementaire.

J’appelle les élus, y compris certains parlementaires sceptiques à l’égard de cette assemblée tirée au sort, par conservatisme ou par simple méconnaissance de sa nature, ou inquiets de sa trop forte ambition écologique (ce qui est un comble !) à accueillir favorablement et à tirer partie de cet objet politique innovant, que notre démocratie gagnerait à légitimer pour se renforcer. Cette forme originale d’intelligence collective complète notre arsenal institutionnel en apportant une nouvelle forme de démocratie participative, qu’il sera possible de dupliquer sur d’autres sujets, et à d’autres échelles territoriales.

Matthieu Orphelin
Député de Maine-et-Loire

Consulter le site de la convention citoyenne pour le climat