Réussir la sortie du glyphosate : le gouvernement doit intensifier la mobilisation et mieux accompagner les agriculteurs

La mission d’information sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate, installée il y a plus d’un an, a pour objet de suivre la transition du monde agricole vers l’interdiction des principaux usages du glyphosate dès le 1er janvier 2021 et de l’ensemble de ses usages au 1er janvier 2023, conformément aux engagements du Président de la République et du Gouvernement.
 
Le rapport d’étape qui sera débattu mardi 12 novembre, et dont certains éléments ont été précipitamment dévoilés par la presse, montre que, à seulement un peu plus d’un an de la première échéance, et malgré les efforts des uns et des autres, la dynamique n’est pas suffisamment enclenchée et l’engagement de sortie du glyphosate n’est pas en passe d’être tenu.
 
Impossible de suivre l’évolution de l’utilisation du glyphosate : même l’état des lieux en 2018 de la consommation de glyphosate par filière n’a pas été possible. Par ailleurs, les impasses -réelles- sur certains usages ne doivent pas empêcher d’avancer sur la grande majorité de cas sur lesquelles les alternatives ont été, au contraire, identifiées et peuvent être déployées.
 
Si le gouvernement veut tenir l’engagement présidentiel, il doit sans délai se remobiliser sur le sujet et renforcer son pilotage :
  • Publier au plus vite la liste des usages concernés par l’arrêt au 1er janvier 2021 (ceux pour lesquels les alternatives existent);
  • Acter de nouvelles actions vigoureuses. La plus évidente me semble être la mise en place, quand c’est justifié, de soutiens techniques et financiers nouveaux pour les agriculteurs s’engageant dans la sortie du glyphosate (et surtout, plus globalement, des pesticides), en particulier sous forme d’accompagnements, d’aides à l’investissement ou de soutiens provisoires.
  • Mettre en place un dispositif de suivi beaucoup plus précis des quantités utilisées et des progrès dans la sortie du glyphosate et mobiliser les acteurs (avec des engagements plus forts de toutes les chambres d’agriculture).
 
Matthieu Orphelin
Député de Maine-et-Loire