Retraites : les absurdités d’un parlement privé d’un débat à la hauteur des enjeux !

La Commission spéciale instituée pour le projet de loi sur le Système universel de retraite à l’Assemblée nationale débutera l’examen du texte lundi 3 février. Près de 22 000 amendements ont été déposés, dont environ 20 000 par le groupe La France Insoumise (LFI).

Que l’on soit Pour ou Contre cette réforme, il est essentiel d’en débattre pour exposer les positions et faire émerger des propositions. A titre personnel, je ne voterai cette loi que si nous parvenons à l’améliorer significativement, mais encore faudrait-il pouvoir débattre des propositions d’amélioration !

Que ce soit par l’obstruction menée par LFI avec 20 000 amendements déposés, que ce soit par les problèmes de méthode et le calendrier trop restreint imposé par le gouvernement sur une réforme pourtant majeure, ou que ce soit par l’instruction donnée par le gouvernement aux députés de la majorité de ne pas amender le texte, je déplore les méthodes d’une partie de l’opposition ainsi que du gouvernement de priver le Parlement d’un débat serein et éclairé.

Alors que la méfiance grandit chaque jour entre élus et citoyens, que cette réforme crispe et encourage les affrontements alors qu’elle aurait pu et dû rassembler le plus grand nombre, ces méthodes portent préjudice au travail parlementaire, mais plus largement à notre démocratie. Je le dis avec gravité et sincérité, je suis inquiet pour notre démocratie.

Les citoyens attendent de leurs élus qu’ils fassent des propositions, qu’ils animent le débat, qu’ils trouvent des solutions pour les retraites de demain. Les axes d’amélioration de cette réforme sont nombreux (mesures de financement par la modulation de la cotisation de solidarité ainsi que de la valeur d’achat du point, prise en compte des périodes de formation pour la retraite, protection des parents d’enfants handicapés, voir les amendements que je propose en pièce jointe) et il aurait été utile qu’ils soient étudiés dans les meilleurs conditions de débat, ce qui ne sera pas le cas.

Je regrette également que l’application de plus en plus stricte et partiale des règles actuelles de recevabilité des amendements (en particulier quant à l’article 40) annihile le travail parlementaire. Le nouveau règlement de l’Assemblée Nationale est déjà obsolète et je souhaite qu’il soit à nouveau et profondément amélioré.

Matthieu Orphelin Député de Maine-et-Loire

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