Retraites : le maintien de l’âge pivot par le gouvernement est incompréhensible et risque de plomber toute la réforme !

L’obstination du gouvernement à maintenir l’âge pivot est incompréhensible et risque de plomber toute la réforme des retraites. Il faut absolument qu’il soit supprimé avant la présentation du projet de loi en conseil des ministres.

L’âge pivot unique est injuste mais aussi inutile : d’autres solutions de financement beaucoup plus justes existent*. La conférence de financement voulue par la CFDT et acceptée par le gouvernement serait l’occasion d’approfondir la réflexion sur cet aspect crucial de la réforme, et grâce à laquelle les parlementaires pourront légiférer sans incertitude sur son impact social. Cette conférence fera mûrir des alternatives à l’âge pivot qui garantiraient un vrai progrès social sans pour autant remettre en cause l’équilibre du nouveau régime universel à terme :

– Revoir le barème du taux de “contribution de solidarité” (aujourd’hui fixée uniformément à 2,81%). En majorant ce taux pour les très hauts salaires (par exemple > 5 000 €/mois et > 10000 €/mois), il est possible de dégager plusieurs milliards d’€ par an !
– Réfléchir à une valeur d’acquisition du point différenciée selon la pénibilité au travail ou du niveau de vie des travailleurs. L’objectif étant de permettre aux travailleurs exposés à des risques sanitaires ou victimes de toute forme de précarité de partir plus tôt à la retraite avec une pension digne, notamment parce que leur espérance de vie risque d’être plus courte que la moyenne de la population ;
– Clarifier les sources de financement et le montant du Fonds de Solidarité Vieillesse Universel envisagé par le rapport Delevoye, ainsi que son articulation avec les assurances chômage et maladie.

Une réforme si importante pour notre pays ne peut pas être menée contre les partenaires sociaux réformistes, non seulement parce que la gouvernance du système dépendra d’eux, mais aussi parce que l’avenir de notre démocratie sociale est en jeu.

* Voir aussi les tribunes co-signées dans Libération le 31 décembre 2019
et dans le JDD le 5 janvier 2020