Quatre actes forts et urgents pour que le Président de la République rende possible une désescalade de la violence

Ces derniers jours sont marqués par une escalade de la violence grave dans notre société. Alors que la proposition de loi Sécurité globale a été votée mardi à l’Assemblée, des images d’une violence inacceptable de l’agression de Michel Zecler succèdent à celles de l’évacuation de migrants place de la République à Paris. La nouvelle vidéo diffusée ce jour quant à l’agression de M Zecler renforce la colère et l’indignation de toutes et tous.

Il est urgent d’envoyer, sans attendre, des signes d’apaisement à la société française. C’est aujourd’hui de la responsabilité du Président de la République que de le faire. 

Un geste d’apaisement possible serait d’ajourner la PPL Sécurité globale, ou a minima son article 24, à propos duquel la Commission européenne, la Défenseure des droits, les Nations Unies, la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme, les journalistes et associations, et tous les parlementaires démocrates ont exprimé de fortes réserves. C’est une loi qui divise là où il faudrait des lois qui rassemblent. Le gouvernement se grandirait à constater que les conditions ne sont pas réunies pour qu’elle soit appliquée.

Mais ce ne sera pas suffisant : ces événements sont le marqueur de dysfonctionnements au plus haut niveau dans la chaîne de commandement. La confiance entre les forces de l’ordre – à qui nous devons tant et dont la grande majorité respecte les règles-, et l’ensemble de la société doit être rétablie. Je le dis avec gravité et en conscience : la démission du préfet de police de Paris et/ou du ministre de l’Intérieur serait un pas vers l’apaisement. 

Enfin, plusieurs dizaines de manifestations sont prévues dès demain dans toute la France. Nous ne pouvons pas nous résigner à de nouveaux affrontements demain. Les consignes données aux forces de l’ordre demain doivent être extrêmement claires, en rappelant qu’aucune bavure ne sera tolérée et en visant la désescalade des violences.

Il faut enfin revoir urgemment la formation -initiale et continue- des forces de l’ordre pour que ces questions y soient mieux abordées. Beaucoup d’entre eux en sont d’ailleurs demandeurs.

La loi doit protéger et non masquer les violences, elle doit apaiser et non diviser, elle doit nous élever collectivement et non stigmatiser. Monsieur le Président de la République, sortons dès maintenant de l’actuelle spirale de la violence par ces quatre actes forts.