Projet de loi PACTE: vers une nouvelle avancée pour plus de transparence dans les écarts de salaires !

Je salue le point d’atterrissage trouvé avec le gouvernement, annoncé ce matin par Bruno Le Maire, pour inscrire dans la loi PACTE (étudiée en séance à l’Assemblée à partir aujourd’hui) une avancée décisive pour plus de transparence dans les écarts de salaire. Ainsi, toutes les sociétés cotées auront dorénavant l’obligation de publier des informations sur le niveau et l’évolution des rémunérations des dirigeants par rapport à la moyenne et la médiane des rémunérations des salariés de l’entreprise.

L’ajout du salaire médian est un bon compromis entre la version de l’article adoptée en commission, qui mentionnait seulement le salaire moyen, et celle que nous portions initialement avec une quarantaine de collègues, basée sur un calcul par quartiles. Le salaire moyen seul n’était pas suffisant pour appréhender la répartition des salaires, l’ajout du salaire médian (50 % des salariés gagent moins, 50 % gagnent plus) permettra de prendre en compte la réalité des écarts des salaires au sein des entreprises. Le salaire moyen est toujours plus élevé que le salaire médian, puisque les plus hauts salaires poussent cette valeur moyenne artificiellement vers le haut. Plus l’écart entre le salaire médian et le salaire moyen est élevé, plus les inégalités sont fortes. Les informations données par ces deux indicateurs seront ainsi presque aussi intéressantes que celles qu’auraient donnés les quartiles, mais aussi plus pédagogiques pour le grand public.

La transparence est un premier pas essentiel pour l’action. Des écarts de salaires trop importants (pour certaines entreprises du CAC 40, les salaires des dirigeants dépassent de plus de 500 fois le SMIC !) nuisent à la cohésion au sein des entreprises et dans la société. La tendance actuelle est inquiétante : les écarts de salaires dans les grandes entreprises sont excessifs et ne cessent d’augmenter, l’écart entre la rémunération moyenne et celle des dirigeants du CAC40 est passé de 97 en 2009 à 119 en 2016. Les réduire est une nécessité pour favoriser une croissance plus inclusive et soutenable, reposant sur un meilleur partage de la valeur et des entreprises plus durables. La transparence ne pourra qu’y aider !