Pourquoi je m’abstiens sur le budget 2020

Ce mardi 22 octobre aura lieu le vote sur la 1ère partie du projet de loi de finances, qui fixe l’équilibre budgétaire de l’État et ses mesures fiscales.
 
Mon abstention est guidée par la réalité des chiffres.
 
Un véritable « budget vert » serait un budget aligné avec l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1.5°C. On en reste encore trop loin. Il manque plus de 7 milliards d’euros d’investissements publics par an[1] pour respecter les engagements pris dans notre stratégie nationale bas carbone. Le projet de budget 2020 ne corrige pas cet écart.
 
Je ne mésestime pas les quelques avancées que nous avons obtenues lors du débat parlementaire (sur les aides à la rénovation énergétique, sur l’accompagnement des PME dans la fin de l’avantage fiscal sur le gazole non routier), ni la volonté du Gouvernement de chercher à faire mieux (mise en place d’une éco-contribution sur le transport aérien), mais nous devons faire beaucoup plus pour le climat et l’écologie. C’est d’un véritable « effort de guerre » dont nous avons besoin. J’appelle, pour les prochains mois, à un changement d’échelle et à l’élaboration d’un véritable plan Marshall d’investissements publics et privés dans la transition écologique et solidaire. Nous en avons les moyens, cela doit devenir une priorité politique.
 
Enfin mon abstention est aussi un signal d’alerte sur deux autres points problématiques. D’abord, les réductions de postes très importantes envisagées dans les services et les opérateurs de l’écologie, au moment où il faut déployer plus massivement ces politiques. Ensuite, la suppression de la taxe d’habitation pour les 20 % les plus aisés, sans que ne soit envisagée, concomitamment, une contribution nouvelle d’une partie d’entre eux (par exemple : impôt de solidarité écologique, réforme des droits de succession…) fragilisera nos capacités budgétaires et d’investissement par une perte de 7 milliards d’euros supplémentaires en année pleine. Nous ne pouvons pas nous le permettre, à une époque où notre besoin de financements pour la transition écologique est criant.
 
 
Matthieu Orphelin
Député de Maine-et-Loire