Pour une Programmation Pluriannuelle de l’Energie ambitieuse !

Le gouvernement s’apprête à dévoiler une première version de la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE), qui définira les orientations énergétiques de la France jusqu’en 2028. Ce texte stratégique doit bâtir un avenir énergétique de la France à la hauteur de l’enjeu climatique, de nos engagements (neutralité carbone en 2050) et en phase avec l’attente forte des citoyens, exprimée lors du débat public, d’accélérer la transition énergétique.

Pour être ambitieuse, cette PPE devra :

  • Faire de la sobriété énergétique et de l’efficacité énergétique les principaux leviers d’action. Le plan de rénovation énergétique des bâtiments doit en particulier être renforcé car nous sommes loin du bon rythme.
  • Faire des énergies renouvelables, filières d’excellence pour notre économie, la clé de voûte de la stratégie énergétique de la France, et non plus la variable d’ajustement. Il est urgent d’agir : la France est en retard par rapport à ses engagements européens (en 2016, nous avons produit 16 % d’énergies renouvelables contre un objectif de 23% en 2020). Il est impératif d’accélérer le déploiement de toutes les énergies renouvelables et du stockage. Cela permettra en outre d’assurer la sécurité d’approvisionnement énergétique de la France par un choix économiquement rentable, le coût des renouvelables et du stockage ne cessant de diminuer alors que celui du nucléaire augmente.
  • Réussir la fermeture des quatre centrales à charbon d’ici à 2022. Face à la nécessité impérative de lutter contre le dérèglement climatique, la diminution des énergies fossiles doit s’accompagner d’une évolution des métiers et des compétences.
  • En conséquence, donner des orientations claires sur la fermeture progressive de réacteurs nucléaires, en cohérence avec la montée en puissance des renouvelables et en anticipant les conversions professionnelles des salariés concernés. Un rythme de fermeture d’au moins un réacteur nucléaire par an dès 2022, et de deux par an dès que possible, semble adapté. Cela permettra d’atteindre le cap de 50% de nucléaire dans le mix électrique entre 2030 et 2035 et évitera de reproduire le manque de méthode du quinquennat précédent pour la fermeture de la centrale de Fessenheim.

Alors que la France ne respecte pas 8 des 9 engagements climatiques qu’elle s’est elle-même fixée, l’urgence est là et la réponse politique doit être à la hauteur !