Politique migratoire : Une méthode inappropriée et des problèmes de fond

Alors que la concertation devait être au coeur de l’acte II du Gouvernement, je m’interroge sur la méthode employée concernant la politique migratoire. Le débat du 7 octobre n’en était pas vraiment un, car il s’est fait sans proposition concrète du gouvernement et sans concertation élargie avec les acteurs de l’accueil et de l’intégration. Aujourd’hui, avec la publication d’un rapport ce mardi, des annonces prévues demain mercredi, et un vote d’amendements gouvernementaux dès ce jeudi, j’estime que les délais imposés par le Gouvernement sont trop courts et inappropriés compte tenu des enjeux. Cela ne permettra pas de rétablir le dialogue avec les acteurs afin d’aboutir à des solutions viables.

AME – PUMA – Nous ne pouvons pas réprimer davantage l’ensemble des immigrés, qui sont déjà dans une situation de précarité grave, au titre d’une lutte contre certains abus aux conséquences mal estimées et qui ne représentent pas la norme. Plus de restriction dans l’accès aux soins, c’est plus de risques sanitaires, plus de précarisation, et plus de pression sur notre système social et de santé, donc de fausses économies sans effets dissuasifs.

Quotas – Je soutiens l’idée d’une meilleure organisation des migrations dites professionnelles, notamment par le biais d’une évolution des voies d’accès sûres et légales. Cela peut contribuer à apporter des solutions aux secteurs d’activités en tension, à l’estompe d’une partie des drames humanitaires aux frontières, à la lutte contre le trafic d’êtres humains, ainsi qu’à offrir une alternative à la procédure de demande d’asile. Néanmoins, un tel mécanisme ne doit pas devenir un nouveau terrain de surenchère politique, ni justifier un durcissement de l’accès aux droits fondamentaux.

 
Matthieu Orphelin 
Député de Maine-et-Loire