Plan de soutien à l’aéronautique : la modération du trafic aérien reste un sujet toujours tabou !

Il était évidemment essentiel que le gouvernement vienne au secours des emplois de l’aéronautique fortement fragilisés par la crise. Le risque de faillites en cascade est majeur et les conséquences économiques et sociales seraient dramatiques si l’Etat n’intervenait pas.

Les objectifs d’aider les entreprises et les personnes travaillant dans ce secteur, et de préparer les sauts technologiques nécessaires pour créer des avions de lignes “zéro carbone” à l’horizon 2035 sont louables, mais je regrette que le plan n’intègre absolument pas la question de la modération du trafic, resté à l’état de tabous. Pourtant, pourra-t-on continuer, au retour à la “normale” après le virus, avec une croissance de + 5%/an du transport aérien, si l’on veut respecter la baisse des émissions de gaz à effet de serre ? Evidemment non ! Il est impératif que les acteurs du secteur prennent en compte la modération progressive mais inévitable du trafic aérien dans leurs stratégies d’entreprise.

Les emplois ne seront durablement préservés que s’ils sont progressivement convertis vers des secteurs d’activité décarbonés.

Matthieu Orphelin

député de Maine-et-Loire