#NoëlSansAmazon: nous déposons plainte contre ceux qui ont cherché à empêcher le débat démocratique et politique

Notre pétition #NoëlSansAmazon, lancée la semaine dernière, a fait l’objet de trois attaques malveillantes qui nous ont finalement conduits à mettre la pétition provisoirement hors ligne samedi 21 au soir.

Les trois attaques, qui ont eu lieu mardi 17, jeudi 19 et samedi 21, ont consisté à tenter d’inscrire mardi des dizaines de milliers de signatures frauduleuses, puis jeudi à envoyer des millions de requêtes pour tenter de faire tomber le serveur hébergeant la pétition (4000 IP jeudi soir), à rediriger la page www.noelsansamazon.fr vers une autre pétition puis vers le site d’Amazon, et enfin, samedi, à faire signer à leur insu l’ensemble des députés et sénateurs.

Nous avons pris la décision de mettre la pétition hors ligne samedi soir pour la protéger d’éventuelles autres attaques. Au moment de la fermeture de la pétition, nous avions déjà 33 764 signataires confirmés, les signatures frauduleuses ayant bien entendu été supprimées dans leur intégralité. Nous ne prévoyons pas de la re-publier pour l’instant.

L’intention de nuire est manifeste. J’ai informé ce matin le procureur de la République que j’allais déposer plainte dans les jours qui viennent, sur les conseils de spécialistes de cybersécurité et d’acteurs de la justice que j’ai consultés et qui, tous, m’ont incité à le faire étant donné la gravité des faits. Nous nous fondons sur l’article 323-2 du code pénal qui sanctionne l’entrave à un système de traitement automatisé de données (punie de 5 ans d’emprisonnement et 150 000€ d’amende) et sur l’article 226-4-1 du même code relatif à l’usurpation d’identité (infraction punie d’un an d’emprisonnement et 15000€ d’amende).

Qui cherche à empêcher ce débat démocratique et politique ? Ces faits sont trop graves pour ne pas chercher à en identifier les auteurs. Il ne doit pas être possible en France d’entraver impunément une pétition menée dans le respect de la démocratie, sur un sujet d’intérêt général. La première attaque renvoyait d’ailleurs vers 218 serveurs détenus par un consultant en informatique, spécialiste de la e-réputation et qui a déjà été labellisé AWS (Amazon). Certains observateurs ont questionné la robustesse du site ; mais ce n’est pas ça qui est à remettre en cause, ce sont ces attaques qui n’ont pas lieu d’être et posent question !

Le Président de l’Assemblée nationale a, de son côté, annoncé en conférence des présidents ce matin que l’Assemblée nationale allait également déposer plainte au titre de l’usurpation des adresses mail des députés. L’association We sign it pour la participation citoyenne, qui gère le site wesign.it, va également porter plainte ; des associations signataires réfléchissent elles aussi aux suites judiciaires à donner.

Nous restons persuadés que les questions posées par l’opération #NoëlSansAmazon restent essentielles et urgentes. C’est l’avenir de nos petits commerces et de leurs emplois qui se joue. Le Collectif Noël Sans Amazon continuera à se battre, par d’autres actions, d’abord pour des lois fortes -après trois ans où l’action de la majorité a été trop faible-, pour le rétablissement de l’équité fiscale, pour un moratoire sur la construction de nouveaux entrepôts, pour la protection des territoires contre l’artificialisation des sols et pour le développement de modèles de e-commerce socialement et écologiquement vertueux.

Pour ma part, je serai présent ce samedi 28 novembre à 14h sur le site de Montbert (44) contre le projet de méga-entrepôt Amazon, à l’appel des organisations et associations locales. Toutes les informations sont ici: http://jachetedansmazone44.fr/?p=345.