Malgré certains nouveaux dispositifs utiles, je m’abstiendrai sur la version actuelle de la loi anti-casseurs

Le texte qui sera voté en première lecture ce mardi 5 février comporte quelques nouvelles dispositions législatives qui devraient être utiles pour mieux lutter contre l’action des casseurs :
– Le délit de dissimulation volontaire de tout ou partie de son visage, sans motif légitime, permettra plus d’efficacité dans le travail des forces de l’ordre et de la justice, pour identifier, interpeller et juger les casseurs.
– La possibilité d’inspection des sacs et des voitures en vue de trouver des armes par destination vient utilement compléter et clarifier le droit existant, avec les garanties nécessaires (uniquement sur réquisition écrite préalable du procureur, et sans contrôle d’identité ni palpations).
Cependant, une autre disposition, la nouvelle interdiction administrative de manifester, me pose problème sur la liberté fondamentale de manifester, au cas où elle viendrait à être mal utilisée par un futur régime malintentionné, par exemple d’extrême-droite. Partageant l’analyse de certaines parties prenantes, elle ne me parait en outre pas suffisamment encadrée (nos propositions en ce sens n’ont pas été retenues) et d’un intérêt opérationnel limité voir contreproductif.
En conséquence, et malgré certains nouveaux dispositifs efficaces qu’elle comporte, je m’abstiendrai sur la version actuelle de la loi anti-casseurs, en espérant que l’article problématique puisse encore évoluer en seconde lecture.

Matthieu Orphelin
Député de Maine-et-Loire