Loi mobilités : 3 000 amendements… mais pour quelle ambition ?

L’examen du projet de loi d’orientation des mobilités commence ce mardi à l’Assemblée nationale en commission. Pour arriver à une loi ambitieuse, de grandes avancées sont indispensables. Au détour des quelques 3000 (!) amendements que nous étudierons, ne perdons pas de vue les victoires les plus importantes à remporter pour que cette loi change réellement la donne :

  • généraliser le forfait mobilités durables à tous les employeurs, pour encourager les salariés à venir travailler en vélo ou covoiturage. Les craintes du MEDEF, qui pour l’instant s’y oppose ne sont pas justifiées : les retours d’expériences et études (dont celles… du MEDEF !) montrent que l’entreprise est aussi gagnante (qualité de vie au travail, arrêts maladie, santé, productivité…)
  • acter dans la loi la fin de la vente des véhicules essence et diesel avant 2040, conformément aux engagements pris par le Président de la République et inscrits dans le plan climat. Je propose de le faire avec méthode, avec une étape intermédiaire en 2032, et en accompagnant les entreprises et salariés concernés.
  • trouver des solutions pour financer les besoins d’investissements supplémentaires nécessaires dans les infrastructures (routes, voies ferrées et fluviales), il manque plus de 600 M€/an. Nous proposerons des solutions concrètes : contribution climat sur les billets d’avion (ce qui permettra aussi d’enfin refléter le coût carbone de ce mode de transport pour lequel le kérosène n’est toujours pas taxé) pour tous les vols ou seulement les vols intérieurs, ou vignette transitoire pour les poids lourds et les camionnettes (remboursée pour ceux qui font le plein en France et pour les véhicules les moins polluants) ;
  • faciliter davantage le développement du télétravail qui permet d’éviter des déplacements, mais aussi accélérer le verdissement des flottes automobiles.
  • rendre obligatoire, dans les publicités pour les voitures (3,5 milliards d’euros de dépenses par an !), des messages de promotion des transports en commun et des mobilités actives.

J’ai déposé une soixantaine d’amendements pour porter ces points-là et d’autres, notamment sur la sécurité des déplacements à vélo, ou le renforcement des zones à faibles émissions pour mieux lutter contre la pollution.

La loi mobilités aura-t-elle une ambition compatible avec la limitation du réchauffement climatique à 1,5 ou 2°C ? Arrivera-t-on à enfin changer les choses ? L’examen en commission apportera de premiers éléments de réponse. Ce sera aussi l’occasion de confronter les ambitions européennes affichées par les différents partis à la réalité de l’action portée au niveau national.

Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire

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