Loi de Programmation de la Recherche : je voterai CONTRE

J’avais eu, lors de la première lecture de la loi de programmation de la recherche à l’Assemblée nationale, un regard plutôt constructif grâce aux quelques avancées obtenues par mon collègue Cédric Villani dans le débat parlementaire. Depuis, mes échanges avec les enseignants de l’Université d’Angers ces dernières semaines m’ont été très utiles pour mûrir ma position sur ce texte. Malheureusement, le texte qui revient pour vote final dans l’hémicycle ce mardi a beaucoup évolué suite à l’examen au Sénat puis à la Commission Mixte Paritaire, et pose de sérieux problèmes qui me feront voter CONTRE.

Certes, je suis soulagé que les libertés académiques restent garanties suite à la CMP et grâce à la mobilisation de la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche. Je me réjouis que les vacataires soient rémunérés mensuellement à partir de 2022, ce qui permettra de réduire la précarité inacceptable des doctorants. Cependant, j’aurais souhaité que le Gouvernement s’engage plus fermement sur la consolidation du budget pour l’enseignement supérieur et la recherche, sur une période de 5 à 7 ans, plutôt que de diluer cette hausse de moyens sur 10 ans comme prévu dans la loi. Je continuerai à me battre pour que des moyens adéquats soient mobilisés pour ce secteur structurant de nos sociétés, notamment aux côtés des étudiants, personnels, enseignants et chercheurs de l’Université d’Angers, qui est une des universités les plus sous-dotées de France malgré une qualité et une attractivité reconnues.

Je m’inquiète aussi d’une dérive sécuritaire disproportionnée et aux contours flous sur le “trouble à la tranquillité d’un établissement d’enseignement supérieur” et sa potentielle atteinte à la liberté de manifestation. Enfin, je regrette, au-delà du signal d’affront envoyé au Conseil National des Universités, le risque d’injustice et de favoritisme qu’entraîne le texte de loi dans le recrutement des maîtres de conférence et professeurs.

Cette loi de programmation, malgré des premières lueurs encourageantes sur la hausse des moyens alloués à l’enseignement supérieur et la recherche, envoie finalement trop de signaux négatifs aux enseignants et aux étudiants pour garantir sa bonne santé dans les années à venir et rétablir un climat de confiance. Je voterai donc CONTRE ce texte, avec regret.

Matthieu Orphelin
député de Maine-et-Loire