Loi Asile – immigration : pourquoi je ne pourrai pas voter POUR

Après plus de 3 mois de travail intensif, de rencontres avec les acteurs impliqués, de séances collectives au sein du groupe LREM, de propositions, de recherche de convergence et après mûres réflexions, j’ai pris ce jour la décision difficile de ne pas voter POUR la loi asile et immigration.

Cette décision de ne pas voter positivement pour ce projet de loi est tout sauf un début de fronde. Mon engagement pour la réussite de la majorité présidentielle reste entier.

Je ne mésestime aucune des avancées obtenues collectivement en commission, y compris sur des points que j’ai portés, avec d’autres, au débat : préparation d’un plan d’actions sur les migrations climatiques, fin du statut de pays sûr quand les droits LGBT ne sont pas respectés, correction des dispositifs inacceptables de la PPL Dublin, cadrage du recours à la vidéo audience et à la notification par tout moyen des décisions de l’OFPRA.

Il devrait y avoir d’autres avancées en séance : travail dès 6 mois pour les demandeurs d’asile, aménagement partiel du délit de solidarité.

Mais, sur d’autres points, pourtant centraux dans le texte, je n’ai pas convaincu la majorité qu’il fallait faire évoluer le texte : compromis sur le délai de recours devant la CNDA, maintien à 45 jours pour la durée maximale de rétention (hors manœuvres dilatoires), fin de la rétention des mineurs, expérimentation du travail anticipé sur des territoires volontaires, réflexions sur le montant des timbres fiscaux de régularisation, réflexions sur l’intérêt de visas humanitaires pour certains déplacés environnementaux.

Afin de ne pas être instrumentalisé par les postures politiciennes et de ne pas mettre en difficulté la majorité, je m’exprimerai peu pendant les débats en hémicycle la semaine prochaine.

Je n’ai aucun doute : la loi sera votée. Chacun comprendra sans peine qu’un vote POUR était pour moi, compte tenu de l’état d’arrivée de ce texte, trop loin de mon parcours, de mes convictions, mais, aussi je pense, trop loin de certains compromis que nous aurions dû et pu trouver avec le gouvernement.