Le début d’un vrai virage écologique ?

C’est peut être, avec ce discours du Président devant la convention citoyenne, le début d’un vrai virage écologique pour le Président de la République et le gouvernement. Tant mieux ! Tout dépend maintenant de la traduction par les actes, dans la loi, dès la fin de l’été. Alors, après la délibération citoyenne : aux actes, politiques !

Les citoyens ont eu raison de rappeler qui ne s’agissait pas maintenant, pour les responsables politiques, de choisir dans un « menu à la carte », mais d’acter un projet global et un ensemble cohérent de mesures interdépendantes.

Nous demandions, avec le groupe Ecologie Démocratie Solidarité, qu’une grande loi spécifique traduise dès la fin de l’été au Parlement les mesures d’ordre législatif de la Convention citoyenne. Le Président a acté ce choix ; nous en sommes évidemment satisfaits et nous sommes prêts à y travailler avec les 150 citoyens.

Nous serons particulièrement vigilants à la traduction des engagements sur le plan budgétaire. Nous avons bien noté l’annonce du Président d’investir 15 Mds€ supplémentaires sur 3 ans dans la transition écologique, ce qui correspond au chiffrage du groupe EDS, mais veillons à en consacrer une bonne part aux collectivités et à garantir un bon fléchage vers les projets à fort impact.

Je salue également l’annonce de la reprise du moratoire sur les nouvelles zones commerciales en dehors des villes. Nous portions cette question depuis plus de 18 mois à l’Assemblée nationale, et nous nous assurerons qu’elle s’appliquera bien aux nouveaux méga-projets d’entrepôts comme ceux d’Amazon.

L’annonce d’un renforcement des aides à la rénovation énergétique est évidemment une bonne nouvelle, mais il faut qu’il se concrétise vraiment : encore ces derniers jours, la majorité s’y était opposée à l’Assemblée nationale… Le débat est rouvert sur l’obligation de travaux, des solutions existent si, là aussi, le gouvernement y met enfin des moyens financiers conséquents et de la volonté politique.

La question du référendum sur l’article 1er de la Constitution, une proposition que je soutiens, est renvoyée à une décision du Parlement, mais là n’est pas l’essentiel. Nous prendrons pleinement part aux discussions sur l’inscription dans le droit français du principe de crime d’écocide.

Un regret à ce stade : l’absence, pour l’instant, de mention par le Président de mesures sur la régulation de la publicité. Pour susciter le débat politique sur ce thème, je déposerai dès cette semaine une proposition de loi que je proposerai à co-signature à tous les bancs politiques à l’Assemblée nationale. D’autres thèmes n’ont pas été évoqués, en particulier sur les nouvelles mesures pour développer les mobilités alternatives à la voiture.

Matthieu Orphelin
député de Maine-et-Loire