La santé-environnementale ne doit pas être la grande oubliée de la loi santé !

Le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé, examiné en séance à l’Assemblée cette semaine, va dans le bon sens (fin du numerus clausus, développement de la télémédecine et des télésoins, dossier médical partagé …).

Je regrette cependant que les enjeux de santé environnementale n’y figurent pas pour l’instant. Les discussions ont été malheureusement infructueuses en commission et nous y reviendrons donc en séance pour amender le texte en ce sens, pour inclure :

– la prise en compte de la santé environnementale dans les programmes de formations initiales et continues des professionnels de santé. Alors que les estimations des effets de la pollution sur la santé viennent d’être revues à la hausse (67 000 morts prématurés en France chaque année), il serait anachronique et assez incompréhensible qu’une loi votée en 2019 sur la transformation du système de santé fasse l’impasse sur ces problématiques si essentielles.

– le maintien d’une protection adaptée pour l’eau potable, pour éviter que l’on ne passe, pour les petits captages, d’une logique de prévention de la pollution de l’eau à une logique où la pollution doit être avérée pour qu’une protection puisse être mise en place, et de conserver une réglementation contraignante et la participation du public dans le but de protéger les populations.

Par ailleurs, un autre texte étudié cette semaine en commission entend permettre le droit de résiliation des complémentaires santé à tout moment. Cela ne me parait pas du tout une bonne idée car cela vient remettre en question le principe même de mutualisation des risques. Une telle concurrence accrue ne peut que défavoriser les plus fragiles. Je proposerai une suppression de ces nouvelles dispositions envisagées. La santé n’est pas un bien comme les autres !

Matthieu Orphelin
Député de Maine-et-Loire