Innover pour une mobilité plus respectueuse de notre environnement et de notre santé !

Les transports constituent aujourd’hui le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre (35% des émissions de CO2) et le deuxième consommateur d’énergie (32% de consommation d’énergie finale), il s’agit donc d’un enjeu environnemental majeur. Ils sont fortement responsables de la dégradation de la qualité de l’air en France et contribuent à 70% des émissions d’oxyde d’azote et 1/3 des particules fines en agglomération, ils représentent également un enjeu crucial de santé publique.

A l’heure de l’urgence climatique et des alertes pollution répétées, il est vital d’accélérer la transition vers une mobilité durable. La France s’est fixée des objectifs ambitieux : par rapport à 2013, la stratégie bas carbone fixe comme objectif dans le scénario de référence de parvenir à baisser les émissions du secteur de 29% à l’horizon du troisième budget carbone (2024-2028) et d’au moins 70% d’ici 2050.

Pour atteindre ces objectifs, les politiques mises en place devront particulièrement répondre à trois enjeux :

  1. Accélérer la transition vers des véhicules plus propres, avec la fin de la vente des véhicules diesel et essence d’ici 2040:

Il s’agit d’une mesure du plan climat de N. Hulot et du programme présidentiel d’E. Macron. Elle représente une révolution majeure, les développements du véhicule propre et des carburants alternatifs sont une priorité pour la décarbonation des transports, la lutte contre la pollution atmosphérique et la réduction de la consommation d’énergies fossiles.

Les constructeurs de véhicules nationaux seront prêts à horizon 2040, le nombre d’immatriculations de véhicules électriques progressant déjà aujourd’hui de manière dynamique.

Afin d’accompagner ces orientations de développement de la mobilité propre, il convient de:

  • Mettre en place des facilités pour les véhicules électriques et hybrides, comme l’a fait la ville d’Oslo en Norvège: places de parking gratuit, péages gratuits, accès aux voies de bus pendant période transitoire de décollage… La Norvège est le pays qui compte le plus grand nombre de voitures hybrides et électriques proportionnellement à la population, en 2016 les ventes de voitures hybrides représentaient 15% des ventes de voitures et 16% pour les voitures électriques vs en France respectivement 3% pour les hybrides et 1% pour les électriques
  • Favoriser l’essor de l’éco-mobilité avec l’appui de la filière du stationnement en soutenant l’installation d’infrastructures de charge des véhicules électriques, hybrides rechargeables et à hydrogène dans les parcs
  • Elargir l’essor des véhicules électriques, hybrides et à hydrogène aux autocar et autobus
  • Développer le gaz naturel carburant, et en particulier du biogaz, pour les poids-lourds : cette priorité est aujourd’hui portée par des mesures incitatives et l’augmentation du nombre de stations de ravitaillement, qui pourrait doubler d’ici deux ans
  1. Favoriser le développement de solutions alternatives à l’utilisation de la voiture individuelle qui pollue et engorge les centre villes:

Les voitures particulières représentent à elles seules 61% de la consommation d’énergie du secteur des transports, or beaucoup de déplacements de proximité restent effectués en voiture individuelle.

Afin de maîtriser davantage la demande de transports, des pistes envisageables sont de:

  • Fournir des incitations à la pratique du covoiturage de proximité: le taux d’occupation des véhicules est d’environ 1,2 personnes pour les trajets inférieurs à 20 km (qui représentent plus de 80 % des déplacements), il reste des freins à lever, y compris des freins comportementaux :

Concrètement : i) faire en sorte que ce type de covoiturage se développe dans le cadre du travail par un dispositif d’Indemnité Kilométrique covoiturage versée par les employeurs ou primes à l’utilisation du covoiturage, ii) mettre en place systématiquement sur les voies rapides périurbaines ou les autoroutes, une voie réservée à droite pour les voitures à plus de 2 voyageurs

  • Tester des « péages inversés » ou « positifs » comme Rotterdam, en rémunérant les automobilistes qui décident de ne pas prendre leur voiture aux heures de pointe par une compensation financière de quelques euros par trajets évités
  • Développer le télétravail, pour diminuer le nombre de déplacements
  1. Encourager toutes les formes de nouvelles mobilités :

Le développement des modes actifs (marche, vélo, mais aussi vélo à assistance électrique, trottinette…), qui présentent des bénéfices à la fois environnementaux et sanitaires, nécessite des actions d’aménagement urbain et de modification des règles de circulations.

Pour développer ces mobilités actives, il est nécessaire de :

  • Promouvoir l’usage du vélo en réfléchissant à quelle suite donner à l’aide nationale à l’achat de VAE en 2018, en exploitant le potentiel des vélos à assistance électrique en zones peu denses et en assurant la généralisation de l’indemnité kilométrique vélo (IKV) dans la fonction publique et le secteur privé (selon une étude de l’Ademe de 2015 le versement d’une IKV de 0,25€/km aux salariés entraîne une augmentation de la part prise par le vélo dans les différents modes de transports de 50% au bout de quelques mois et de 125% après un an)
  • Construire des infrastructures pour connecter entre eux les modes de transport : par exemple la ville de Varsovie en Pologne a développé des infrastructures de connexion pour résoudre ses énormes problèmes de congestion et pollution, les conducteurs sont encouragés à laisser leurs voitures dans un des 13 parkings situés à proximité de nœuds stratégiques de transport en commun et des 640 stations de vélo publiques
  • Soutenir le déploiement des véhicules autonomes, par l’élaboration d’un cadre réglementaire et par un appui aux expérimentations

La transition énergétique et écologique des transports est engagée, mais il est nécessaire aujourd’hui de l’accélérer et de l’accompagner pour préserver notre environnement et notre santé !