Hausse du pétrole, pouvoir d’achat et transition écologique : il faut de nouvelles mesures, loin des postures et de la récupération politique !

 

Les prix actuels très hauts du pétrole (même si une tendance à la baisse est observée depuis 15 jours) se répercutent à la pompe et sur le prix des combustibles pour le chauffage. Il faut entendre les inquiétudes des français, en particulier celles des ménages modestes des zones rurales, et leur apporter des réponses compatibles avec les enjeux de long terme. Je salue la volonté du Président Macron, ce matin dans le Républicain Lorrain, d’accélérer encore la transition du parc automobile, les transports en commun, le covoiturage et les nouvelles mobilités, et de trouver des solutions pour que les salariés qui doivent utiliser au quotidien leur voiture puissent être aidés davantage.

Aux hommes et femmes politiques d’éviter les postures. Certains tombent malheureusement dans ce travers politicien. Quand Ségolène Royal assène hier au Grand Jury que « le gouvernement actuel a quasiment doublé la taxe carbone, c’est insupportable », c’est un mensonge et de la démagogie. Les chiffres le prouvent. Alors que Madame Royal était ministre, la loi de finances rectificative pour 2015 avait prévu une taxe carbone de 39 €/tCO2 en 2018, le gouvernement actuel l’a portée à 44 €/tCO2 la même année ; la différence est donc limitée et correspond seulement… à un peu plus d’1 centime par litre de carburant !

Les Républicains proposent un « chèque carburant ». Cette idée a le mérite d’exister, mais me parait inadaptée et porter en elle des problèmes majeurs : limitation aux dépenses de carburants et donc particulièrement contre-productive car laissant les Français prisonniers du diesel, aide non ciblée sur les ménages les plus modestes, chiffrage trop élevé (1 200 € par an et par personne) et donc un coût global démesuré de 15 milliards d’€ par an, mais aussi sources de financement incertaines.

Des mesures plus adaptées sont possibles. Au-delà des deux premières avancées du gouvernement (nouvelles aides à la conversion du parc automobile, renforcement du crédit d’impôt CITE pour le changement des chaudières fioul), à nous, gouvernement et majorité, d’acter de nouvelles mesures conformes à la volonté du Président d’accélérer. De nombreuses idées intéressantes sont sur la table : 

  • Une prime mobilité-travail exceptionnelle et transitoire, centrée sur les actifs des communes rurales et périurbaines (88 % du territoire, 30 % des actifs), sous conditions de ressources, les années où le pétrole est cher. Alternative, les mêmes années : majoration du chèque énergie pour les familles rurales modestes et modulation des barèmes des frais kilométriques réels.
  • L’anticipation, dès le 1er janvier 2019, du forfait mobilité durable (covoiturage, vélo, …), actuellement prévu par le gouvernement pour la future loi mobilité : jusqu’à 400 €/an pour chaque salarié pour encourager le covoiturage et les autres alternatives à l’autosolisme pour les déplacements domicile-travail. En complément, extension de la prime à la conversion automobile aux vélos et VAE.
  • Le renforcement des aides à la rénovation énergétique des logements : expérimentation, par exemple dans 5 départements, de l’avance du CITE pour les bénéficiaires des aides ANAH et d’un diagnostic « précarité énergétique » gratuit, renforcement des aides pour les familles monoparentales, mise en place progressive, pour les propriétaires bailleurs, de l’obligation de travaux couplée à des financements innovants.
  • Pour les années suivantes, tenue d’une conférence de consensus et de suivi avec tous les acteurs (élus, représentants des consommateurs et des salariées, ONG, …) pour s’assurer que les mesures mise en œuvre marchent et réfléchir aux meilleurs mécanismes d’accompagnement et de redistribution possibles.