Faire des Objectifs de Développement Durable une priorité politique

Adopté en septembre 2015 par les 193 Etats membres de l’ONU, l’Agenda 2030 fixe 17 objectifs de développement durable (ODD) déclinés en 169 cibles. Ces ODD s’articulent autour de 5 piliers : planète (dont eau, énergie, climat, biodiversité), population (dont lutte contre la faim, éducation, égalité des sexes), prospérité (travail décent, réduction des inégalité, consommation responsable…), paix et partenariats.

Le 20 septembre 2017, La Commission Développement Durable de l’Assemblée Nationale a fait une table ronde portant sur les objectifs de développement durable. Mme Laurence Monnoyer-Smith, commissaire générale au développement durable, Monsieur Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement, M. Damien Demailly, de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) et Madame Bettina Laville, présidente du Comité 21 ont été auditionnés.

Lors de cette table ronde, je suis intervenu pour indiquer l’importance de la prise en compte des objectifs de développement durable par les gouvernements ainsi que l’importance d’étudier et d’apprendre des actions mises en place par les gouvernements étrangers.

Ci-dessous retrouvez mon intervention 

2 ans, c’est tôt pour faire un bilan mais cela permet de dégager de premières tendances, notamment sur la prise en compte des ODD dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Il faudrait une vraie prise en mains politique en France des objectifs de développement durable (ODD), ce qui n’est pas encore véritablement le cas. Des moyens de mobilisation des parlementaires sur le suivi des ODD peuvent être mis en place, tels que : le contrôle de la prise en compte des ODD par le gouvernement, la vérification de la pertinence des études d’impact des lois au regard des ODD, la création d’un groupe transversal entre l’Assemblée Nationale et le Sénat sur ce sujet. Les ministres pourraient aussi se les approprier : chaque ministre pourrait avoir la responsabilité de suivi d’un ou plusieurs indicateurs, devra les présenter au début de ses rapports budgétaires, dire comment le PLF ou les grandes lois qui vont passer vont permettre d’améliorer l’un ou plusieurs indicateurs. Voilà qui serait une vraie

Tirons partis de ce qui se fait à l’étranger. Le Danemark a par exemple aligné son budget avec les objectifs de développement durable. Il a même déjà été plus loin, en fusionnant certains ministères comme celui de l’agriculture et de l’environnement dans un souci de cohérence. Imaginons la même chose en France, cela pourrait avoir, je pense, beaucoup d’avantages !

Il serait intéressant que la France envisage un travail bilatéral avec d’autres pays sur cette thématique des ODD, notamment pour échanger sur les bonnes pratiques. Pourquoi pas, par exemple, réfléchir à une mise en œuvre des ODD de la France avec un Pays en développement ou émergeant, comme l’ont déjà fait la Finlande et la Colombie. Cela pourrait aussi devenir l’un des thèmes traités de plus en plus systématiquement dans les groupes d’amitié des parlementaires et surtout dans les déplacements et visites officielles de chefs d’Etat.