Etats généraux de l’Alimentation – obligation de réussir !

Les produits alimentaires ne sont pas des marchandises comme les autres.  Ce qui se joue, c’est l’avenir de nos agriculteurs, la vitalité de nos territoires, notre santé et notre environnement.

Les Etats généraux de l’Alimentation qui rentrent dans leur phase opérationnelle, sont l’un des grands engagements que nous avons pris au cours des campagnes présidentielle et législative.

Il faut réussir ces Etats Généraux, nous n’avons pas le droit d’échouer. Tout est à refonder pour sortir les agriculteurs des difficultés dans lesquelles le vieux modèle les a entrainés, et pour réinventer une agriculture et une alimentation durable.

J’appelle le gouvernement et l’ensemble des acteurs impliqués à être à la hauteur des enjeux, à sortir des postures et à proposer de vraies solutions innovantes pour transformer. La demande des consommateurs est là, les solutions sont accessibles, on ne peut plus attendre.

Brisons les tabous et sortons de la mal-bouffe. Actons ensemble la fin de la recherche du prix toujours plus bas et des scandales que cela engendre (des lasagnes de cheval aux œufs au Fipronil) et actons de nouvelles avancées, tels que l’encadrement des promotions, la généralisation de nouvelles contractualisations plus équitables entre producteurs et distributeurs, et d’initiatives qui permettent d’assurer le juste prix aux agriculteurs (telles Cestquilepatron ou FaireFrance sur le lait).

Pensons et mangeons différemment. Manger bien ne coûte pas forcément plus cher. Rappelons qu’il existe des gisements d’économie très importants : ainsi, le gaspillage alimentaire coûte 16 milliards d’euros par an à l’économie française et 230 euros par foyer ! Proposer de nouvelles actions pour le réduire, à tous les stades : production, transformation, distribution, consommation… permettrait de manger mieux tout en économisant de l’argent ! Là aussi, tout est affaire de volonté de l’Etat et des acteurs.

Mobilisons les acteurs de terrain. Il faut sans tarder mettre en synergie les acteurs des territoires autour de l’engagement pris d’arriver à 50 % de produits bio, autres labels de qualité et circuits locaux dans toute la restauration collective publique et privée d’ici 2022. C’est une boucle vertueuse qui n’a que des avantages. Accompagnons mieux les projets des territoires qui s’engagent dans cette voie.

L’Etat doit assumer clairement de nouvelles priorités d’investissement. Les trois priorités du nouveau plan de transformation agricole doté de 5 milliards d’euros ont été clairement affichées : développement des circuits de proximité, protection de l’environnement, bien-être animal. Il faut maintenant les mettre en œuvre. Au-delà de ces soutiens à l’investissements, il faut imaginer un nouveau modèle économique impliquant l’ensemble des acteurs, pour assurer enfin le développement d’une agriculture plus durable.