Effondrement des colonies d’abeilles : nous appelons le gouvernement à prendre des mesures d’urgence

Dans de nombreuses régions de France, en ce printemps 2018, les apiculteurs constatent des mortalités d’abeilles dramatiques, jusqu’à 80 % des colonies. Cette catastrophe sans précédent fait suite à d’autres années déjà difficiles. Même si les effets multifactoriels sont connus, l’impact dans cette hécatombe des pesticides tueurs d’abeilles n’est plus à démontrer.

Nous avons échangé avec les fédérations d’apiculteurs, qui nous ont exprimé la détresse des apiculteurs, et à la veille de l’arrivée du « convoi mortuaire de ruches mortes » à Rennes, nous appelons le gouvernement à prendre la mesure de la gravité de la situation et à annoncer des mesures fortes pour accompagner les apiculteurs dans cette année très difficile.

Il faut notamment imaginer des dispositifs exceptionnels de soutien pour les apiculteurs pour cette année 2018, notamment pour ceux d’entre eux qui n’auront quasiment pas de source de revenus pour cette année.

Au-delà, il faut renforcer notre combat pour les abeilles. Nous venons de remporter de belles victoires législatives au niveau national (dans la loi agriculture et alimentation : introduction d’une définition des pesticides néonicotinoïdes dans la loi afin d’éviter que de nouvelles molécules ne contournent les restrictions d’usage, fin des mentions trompeuses sur l’étiquetage du miel) et au niveau européen (interdiction, enfin, des trois principaux pesticides néonicotinoïdes). Il faut aller plus loin et faire appliquer strictement la loi biodiversité, afin que de nouvelles dérogations aux restrictions d’usages des pesticides ne soient pas données si elles ne sont pas justifiées.

C’est l’avenir de notre agriculture qui se joue.  Sans abeilles, pas de pollinisation, pas de biodiversité, et pas d’agriculture !

Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire (ambassadeur du comité de soutien des élus à l’abeille et aux apiculteurs)

Sandrine Le Feur, députée du Finistère